Les chiffres du recensement général agricole parus en septembre 2011 sont éloquents :
Entre 2000 et 2010, une exploitation agricole sur quatre a disparu. Les terres sont alors souvent reprises par des exploitations voisines souhaitant s’agrandir.
Conséquence, la superficie moyenne des fermes françaises a augmenté de 30 % en 10 ans tandis que le nombre de chefs d’exploitation a diminué de 20 %. Ainsi la France déplore chaque année la perte de 60 000 hectares de terre agricole, soit l’équivalent d’un département en surface tous les 10 ans.
Le prix du foncier a bondi de 40 % en 10 ans : la pression financière est telle qu’elle rend même difficile la transmission intergénérationnelle des propriétés.
Ces données mettent en lumière les problèmes liés à l’installation des jeunes, au renouvellement des générations de paysans et au foncier agricole. Une situation aggravée sur certains territoires par l’urbanisation galopante.
Les paysans sans terres apparaissent donc aujourd’hui en France, et en Périgord vert. De plus en plus de jeunes, dépourvus de tout apport foncier familial, souvent non issus du milieu agricole, galèrent pour trouver un terrain qui leur permettra de s’installer. Les terres sont trop chères. Et quand elles se libèrent, elles vont d’abord agrandir une propriété, ou sont destinées à des usages non agricoles.
Au-delà de la difficulté réelle et dramatique à s’installer, la spéculation foncière due à une politique d’urbanisation désastreuse, une agriculture intensive et une pression touristique accrue, compromet fortement l’utilisation équilibrée et durable de la terre agricole.